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Société

Comment gérer le désir de santé ?

Du marketing aux choix comptables

dimanche 6 janvier 2008, par Elie Arié

La transformation des désirs en besoins, et celle des besoins en droit
est le but de toute opération de marketing. En ce sens le marketing de
la médecine a réussi au delà de toute espérance puisqu’on s’autorise à
parler de "droit à la santé" qui, en fait, est le droit aux soins, ce
qui est plus réaliste et moins absurde.

Or le désir-besoin légitime de ne pas souffrir, de ne pas vieillir et
de ne pas mourir est, par essence, illimité donc insolvable. Sachant
le coût proprement vertigineux des techniques et des traitements qui
se profilent dans l’avenir immédiat, sachant le vieillissement heureux
de la population et l’accroissement des exigences de qualité, il est
malhonnête de laisser entendre qu’on pourra assurer tous les soins
pour tout le monde à tout moment.

"Tout, tout de suite" a toujours été considéré comme une revendication
pré-pubertaire. Il n’est jamais trop tard pour entreprendre d’engager
sa propre puberté. Même si l’on se refuse à prononcer publiquement le
terme de rationnement des soins, des choix et des restrictions de nos
investissements, et de nos achats à l’étranger, selon la seule loi du
marché, seront inéluctables à brève échéance.

Ces choix sont des choix de société... à la condition première que la
société soit informée des exigences et des contraintes individuelles
et collectives, des coûts et des résultats obtenus et attendus. Choix
que nous savons parfaitement faire dans notre vie quotidienne. Choix
entre les exigences concurrentes de sécurité et d’éducation qui sont
également jugées prioritaires.

Faute d’information concrètes et chiffrées, la population et ses
représentants mandatés ne peuvent que recourir à une maîtrise
comptable du coût brut de la santé, des investissements et des
dépenses de soins, en votant un "budget de la santé" dont le seul
déterminant est le poids social de ceux qui en réclament davantage
avec le bruit le plus insupportable.

Messages

  • Les rapports ont changé depuis les années 50 où le médecin était admiré et dont la parole était parole d’évangile, mais où il était lié à plusieurs générations, se déplaçait la nuit et appelait la mère d’un enfant très fiévreux pour demander "comment va le petit". La perte de confiance est liée à la perte de ce lien dans la durée et de cette disponibilité.

    En outre, si un médicament est recommandé, que les médecins le prescrivent mais que très rapidement, il y a des avis négatifs sur le médicament, les gens ne savent plus à qui faire confiance.

    Enfin, s’il manque de médecins, c’est que les pontes des universités (eux-mêmes médecins) continuent d’approuver les bonnes vieilles méthodes de sélection de l’entrée des fac de médecine (mathématiques) pour une raison vieille comme le monde : le corporatisme.

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