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Santé publique

Politiques de santé en matière de Sida

Le VIH sur la sellette

vendredi 9 mai 2008, par Jacques Vitenberg

Réflexions médico-légales et politiques à la lumière des travaux des professeurs Georges Mathé (France), Peter Duesberg (EU), Charles A. Thomas Jr. (EU), Eleni Papadopoulos-Eleopoulos (Australie) et autres...

Pour l’ensemble de la communauté médicale et pour la quasi-totalité de la population, il est admis que le syndrome
d’immunodéficience acquise (Sida) est une maladie d’origine virale, deux virus d’immunidéficience humaine (VIH : VIH1 et VIH2)
représentant la cause « nécessaire et suffisante ». Cependant cette vision fut d’emblée mise en doute par des chercheurs éminents pour
lesquels le VIH ne serait pas la cause, mais l’une des conséquences du Sida. L’existence de nombreux cas de séropositivité au VIH sans Sida et de Sida sans séropositivité au VIH prête en effet à réflexion.

Le professeur Georges Mathé développait en 1994 [1], à côté de
la
théorie virale communément acquise, une théorie
immunogénétique.
Suivons son raisonnement : « ...d’autre part, les transferts répétés, par le sang et le
sperme de l’éraste à l’éronème, ou par les résidus sanguins des seringues à drogues,
de globules blancs qu’on appelle lymphocytes de la catégorie T, étrangers à l’égard
des receveurs, ceux-ci peuvent provoquer ce que, dès la protohistoire de la greffe de
moelle osseuse et des transfusions de globules blancs, nous avons appelé la
« réaction du greffon contre l’hôte » (qu’est le receveur) ou GvH (graft versus host). Dès 1983, j’ai proposé la thèse selon laquelle une telle réaction, dite immunogénétique,
pouvait constituer un mécanisme essentiel du Sida, sans éliminer le rôle (à l’origine
des complications et de la mort) des divers micro-organismes évoqués, d’autant que
cet état de GvH, lorsqu’il est secondaire à une greffe de moelle osseuse, se complique
fréquemment de leur (semblable) prolifération. »
Parmi les insoumis au « scientifiquement correct » il faut citer, mais cette liste est loin
d’être exhaustive, le professeur Peter Duesberg, virologiste de réputation mondiale,
le professeur Charles A. Thomas Jr., fondateur du Group for the Scientific
Reappraisal of the HIV Hypothesis
, la biophysicienne australienne Eleni
Papadopoulos-Eleopoulos, et bien d’autres que nous nous excusons de ne
pas citer.
Cette théorie immunogénétique est renforcée par l’usage immodéré fait par les
groupes homosexuels des poppers : il s’agit de liquides très volatils contenus dans une
fiole, de nitrites d’alkyles, que l’on trouve dans tous les sex-shops, où ils sont vantés
pour leurs qualités vasodilatatrices au niveau des muscles de l’anus.
Ils procurent en outre un état euphorique et une sensation orgasmique.
Mais leurs vertus vaso-dilatatrices s’exercent aussi au niveau du paquet vasculaire
hémorrhoïdal et facilitent le passage des lymphocytes T de l’éraste à l’éromène.
Il n’est pas question ici de faire une étude exhaustive du Sida et du VIH, mais de
souligner que l’opus médical, pharmaceutique et politique, pour des raisons à
l’antipode de la rigueur scientifique, veut imposer des postulats plus contestables les
uns que les autres, qu’il s’agisse de l’équation VIH = Sida, de la spécificité du test
VIH, qui prouve seulement que le sang contient des anticorps induits par des antigènes
non exclusifs du VIH, de la valeur thérapeutique des anti-rétroviraux qui diminuent
certes le nombre de virus, mais laissent toujours une maladie résiduelle qui redémarre
immanquablement, et qui ne sont pas dépourvus de toxicité.

On est en présence d’un remake de « la terre est plate » à l’époque de Galilée, ou des théories fantaisistes du soviétique Lysenko.
Pourquoi ?

La théorie de l’origine virale du Sida arrangeait un ensemble de forces disparates :
Le professeur Gallo (EU) qui avait subtilisé la découverte du virus au professeur
Montagnier (France) ; une telle indélicatesse n’avait d’intérêt que si elle débouchait
sur la création lucrative d’un test puis d’un ou de plusieurs médicaments anti-rétroviraux.
Margaret Heckler, alors secretary of Health and Human Services, qui était ravie
en 1984 d’obtenir un succès made in USA.
Les gros laboratoires : virus signifie recherche d’un antivirus ; la chasse est donnée
aux anti-rétrotranscriptases dans un premier temps, puis on passe aux anti-protéases,
aux anti-intégrases, aux anti-polymérases, et la liste peut s’allonger, il suffit de prendre
une autre enzyme impliquée dans le métabolisme du virus.
Un nouveau magot inépuisable dans le domaine de la chimiothérapie en quelque
sorte...
Enfin, last but no least, les lobbies homosexuels : la théorie immunogénétique,
confirmant la motivation médicale de certains interdits de la Bible (outre la circoncision
et l’abstention sexuelle pendant la menstruation, deux mesures considérées
fondamentales aujourd’hui en Afrique pour ralentir l’épidémie), signifiait la disparition,
ou pour le moins, la diminution de l’influence de ces lobbies.
Ramener le syndrome d’immunodéficience acquise à une simple maladie d’origine virale excluait leur responsabilité comportementale dans le déclenchement de l’épidémie et correspondait à leurs postulats existentiels et existentialistes.
L’épidémie par transmission virale aux hétérosexuels a ainsi fait que l’on oublie le réveil au soleil californien des lentivirus dormants par le mécanisme immunogénétique.
Mais il ne s’agit plus d’un simple débat d’idées entre sommités médicales dans l’ambiance feutrée des facultés de médecine, et les conséquences médico-légales des positions de chacun apparaissent dans les journaux et dans les prétoires avec une
violence accrue.
En 2006, une journaliste, Celia Farber, accuse l’opus médical d’incompétence, de conspiration et de fraude dans le célèbre magazine Harper’s. L’article est intitulé : Out of control : AIDS and the corruption of medical science [2] .
Mais c’est en Afrique du Sud que le conflit prend une tournure plus violente et prêtant
interrogation. En 2000, le président sud-africain Thabo Mbeki prend ouvertement parti pour les
dissidents et, en 2007, un avocat, Antony Brink, dépose un recours pour
genocide devant l’International Criminal Court [3] contre Zackie Achmat et la « Treatment Action
Campaign
 ». Le génocide étant le traitement par l’AZT et autres anti-enzymes et Zackie
Acmat un activiste fondateur de la Treatment Action Campaign,
organisation voisine d’Act Up et des mouvements ant-apartheid. Configuration étonnante : d’un coté les laboratoires pharmaceutiques internationaux et des mouvements homosexuels ou politiquement orientés qui tirent à boulets rouges sur les laboratoires pour occuper leurs adhérents, alors qu’il est évident que les
producteurs de génériques et les laboratoires de recherche sont en liaison
permanente et ont des intérêts communs.
De l’autre côté le président sud-africain et son Presidential AIDS Advisory Panel comprenant de nombreuses personnalités du monde médical et scientifique, en
particulier des membres du Group for the Scientific Reappraisal of the HIV-AIDS
hypothesis
.

Le débat est loin d’être clos, mais limiter le Sida au VIH, c’est faire abstraction de
toute recherche étiopathogénique capable d’orienter la thérapeutique vers l’élimination
de la « maladie résiduelle ». Si en cancérologie, comme le souligne Georges Mathé, l’on assiste à une
renaissance de l’immunothérapie, renaissance basée sur une connaissance plus
approfondie de l’immunité cellulaire, il est visible que des considérations politiquesà
courte vue soutenues par des lobbies disparates s’opposent à la même évolution en
matière de Sida.


Voir en ligne : Texte également publié par le site de l’Alberta Reappraising AIDS Society


[1Mathé G. Sida : sceaux, sexe, science. La Coutellerie 1994.

[2Farber C. Out of control : AIDS and the corruption of medical science. Harper’s magazine. March 2006:37-52.

[3ICC ou Cour Pénale
Internationale.

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